17
Nov

« Good vibrations »

Bien sûr ma bonne Dame, les sons ça se gère, et sous plusieurs aspects bien entendu : la qualité du son si on s’adresse au public, et un « retour » non moins performant à l’attention des artistes qui doivent s’auto-réguler au fil de leurs prestations. L’ouïe est un des cinq sens de l’humain, à défaut de la caresser on peut la « réveiller » très énergétiquement. Là, il y a donc la limite d’un seuil agressif à percevoir, c’est à cela que travaille un ingénieur du son.

Clément Ronchi est le nôtre, un maillon important de la chaîne des bénévoles qui attisent Soviet Bloem car il a accumulé de l’expérience au fil de son activité professionnel. Et lorsque l’on organise un concert ou une fête de la musique, toutes les énergies sont grandement utiles, mais surtout les compétences.

1510853756257blobBatteur lorsqu’il était encore étudiant, Clément, en quête d’une activité variée, a décroché son diplôme au sein de l’INRACI, où il a acquis du savoir tant au niveau de la technique de l’image qu’en cinématographie, et qui lui ouvre aussi la voie du théâtre et du cabaret. « Mais j’ai choisi la musique, car j’aime « déménager chaque jour », ce qui ne m’empêche pas d’assumer des prestations plus conventionnelles. Dans le cadre de « contrat à la journée », j’ai fonctionné à deux reprises pour l’Elysée, à Bruxelles et à Londres : lors d’un sommet européen il faut être opérationnel dans la ½ heure, pour moi il s’agissait de gérer les sons entrants et sortants pour les cabines de traduction ou pas un grain de sable n’est concevable lorsque s’exprime un Président de la République ».

A 25 ans, notre Concitoyen en est à sa 4ème année de boulot, pratiquement un jour sur deux. « J’ai aussi pris la route, pour accompagner des groupes en Allemagne et en Suisse. Il faut être passionné bien entendu, on loge parfois chez l’habitant, on mange « une crasse » en triple vitesse, mais ce sont toujours des découvertes humaines ».

Quelles sont les qualités requises ? « Connaître la musique aide bien sûr, il faut en tout cas avoir une bonne oreille, ressentir la musique, trouver l’équilibre au niveau des décibels. Bien sûr, le rock est exigeant sur ce point, mais sais-tu que le « Boléro » comporte des « pointes » à 130 ? Et puis pour pratiquer ce métier, il faut être disponible quasiment sur le champ, bien sûr que je rêve de partir pour des tournées avec de grosses pointures… ».

Il était à la manœuvre ce samedi

Si samedi, vous avez honoré la soirée Soviet Noise Party de votre visite, vous avez sans doute remarqué Clément, aux commandes de tables de mixage, écrans… Un circuit pour les lumières, un autre pour le son. Sous sa main, une quantité de boutons utiles pour capter le son, l’égaliser, le compresser et l’harmoniser. Chaque instrument est réglé séparément d’où, aux yeux d’un néophyte, ce « tableau de bord d’avion » même si on en était encore à une installation de base.

C’est un peu tout cela un « ingé son » : il faut gérer quantité de données différentes pour constituer un tout apprécié : « Chaque lieu sonne différemment, à Fleurus aucun panneau acoustique n’existe dans la salle de l’Hôtel de Ville, la température et le taux d’humidité impactent le son qui ne « voyage » jamais deux fois à la même vitesse ».

Affichant une « dégaine » particulière, Clément Ronchi est un de ces jeunes « Bloemers » qui mouille quotidiennement sa chemise pour construire un monde meilleur. « Je suis un européen convaincu, un humaniste, mais même si tout va tellement vite, je reste profondément ancré à Fleurus. J’adore le week-end de Pâques au sein des « Sans Pareils », on se retrouve, on décompresse, tout le monde est là, mais mon ADN est italien à 50 %. J’adore la cuisine de ma Nonna, la convivialité du Frioul (à Attimis, où Fleurus a tissé des liens de jumelage) où la porte est toujours ouverte. Le patois de la région – une langue à part entière – me parle, les légumes, les fruits et les ingrédients offrent d’autres saveurs ».

Mince, il y a deux heures déjà que l’on cause… Clément a des principes et des idées qu’il peut défendre, avec un café matinal sous le nez. Aujourd’hui, il a enfilé à nouveau son blouson de « rocker » : la « Noise Party » à peine éteinte, il est reparti pour d’autres aventures…

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